Les minéralisations niobifères de la propriété de Niocan sont localisées à l'intérieur de la carbonatite d'Oka. Ce complexe intrusif d'âge Crétacé (114 millions d'années) fait partie d'une suite d'intrusifs alcalins constituant les collines Montérégiennes. Ces collines s'échelonnent en direction est-ouest sur une centaine de kilomètres du Mont Mégantic à l'est aux collines d'Oka à l'ouest. Le complexe d'Oka a une forme allongée (7,2 km x 2,4 km) de direction NO-SE. Il est intrusif dans des gneiss précambriens (1 milliard d'années) de la province de Grenville.
Le complexe d'Oka est constitué de deux unités lithostructurales annulaires épousant la forme d'un huit inversé.

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Les unités formées de silicates (urtite, ijolite et okaite) se rencontrent principalement à la périphérie des anneaux tandis que les sovites (roches carbonatées dont la calcite est le constituant majeur) intercalées entre celles-ci occupent aussi le cœur des deux boucles.
Les minéralisations niobifères du complexe d'Oka sont principalement primaires et magmatiques. La teneur moyenne des sovites, faciès dominant du complexe est de l'ordre de 0,25% Nb2O5. Les corps minéralisés de la propriété St. Lawrence Columbium (SLC) ont une teneur de 0,45 à 0,50% Nb2O5. La zone S-60 sur la propriété Niocan a une teneur de 0,66%. Les corps minéralisés n'ont pas de limites nettes comme dans les gisements de type veine mais bien des contacts progressifs en fonction de la valeur économique du niobium. Ce sont des gisements tabulaires, lentilles de 5 à 10 m de largeur s'étendant parallèlement aux unités encaissantes sur des longueurs de 200 à 300 m. Les lentilles subverticales ont une très bonne continuité; à SLC et Niocan, les corps minéralisés sont connus jusqu'à des profondeurs de 750 m et 500 m respectivement.
Selon la thèse de D.P. Gold (1963), de l'Université McGill, il y aurait eu vraisemblablement cinq phases intrusives formant la séquence génétique du complexe. Tout d'abord, l'intrusion des sovites a formé la majeure partie du complexe, puis l'intrusion des okaïtes, suivie de l'intrusion des ijolites, puis de la montée tardive de fluides hydrothermaux riches en pyrochlore le long des fractures sub-verticales.
Trois zones minéralisées sont présentes sur la propriété Niocan. Deux d'entre elles, soit la HWM-1 et la HWM-2, sont concordantes et sub-parallèles à la bordure du complexe carbonatique. Ces zones ont une épaisseur de 10 à 30 mètres et atteignent plus de 300 mètres de longueur.
Le gisement S-60 est une cheminée verticale de forme elliptique dont le grand axe mesure environ 120 m et le petit 80 m. Le gisement a été reconnu par forage jusqu'à une profondeur de 500 m. Il est constitué de trois faciès principaux. Le skarn, une roche à grains grossiers composée principalement de magnétite (20%), apatite (10%), forstérite (30%) et calcite (40 %). Il représente environ 50 % du gisement. Une sovite à forstérite et des sovites blanches à biotite et magnétite constituent les autres faciès minéralisés du gisement. Le skarn est probablement une sovite à forstérite qui a subi un enrichissement important en magnétite, apatite et pyrochlore par les liquides résiduels du magma carbonatitique.
Le niobium est essentiellement contenu dans le minéral pyrochlore alors qu'on trouve aussi de la perovskite et de la niocalite dans les zones HWM-1 et HWM-2.
Le pyrochlore analysé par le Dr Louis Bernier, de Géobrex Research, présente des concentrations en Nb2O5 variant entre 31% et 62% en poids et la taille des grains varie de 0,1 mm à 3,5 mm. La grosseur des grains de pyrochlore, visible à l'oeil nu, est la principale raison de la récupération dépassasnt 80% obtenue lors des essais en usine pilote; la grosseur des grains chez les trois producteurs existants est telle que le pyrochlore ne peut être observé à l'oeil nu, il s'ensuit une récupération très inférieure à celle observée avec le minerai de Niocan.
Le pyrochlore du S-60 contient environ 3 fois moins d'uranium que celui de SLC. D'autre part, comme l'ont démontré les études minéralogiques du Dr Bernier sur le minerai et le concentré de pyrochlore de la zone S-60, les éléments radioactifs U et Th de même que des terres rares se retrouvent à l'intérieur du réseau cristallin du pyrochlore.
TRAVAUX RÉALISÉS PAR NIOCAN
La direction de Niocan a bénéficié de l'expertise de plusieurs professionnels ayant oeuvré dans les domaines de l'ingénierie et de la gérance de l'ancienne exploitation SLC de niobium qui a opéré de 1960 à 1976.
Deux campagnes de sondages de 1995 à 1997
Dès la première campagne en 1995, le gisement S-60 prenait forme: un gisement d'un type non encore connu à l'intérieur du complexe d'Oka et d'une teneur de 50 % plus élevée que le minerai qui fut exploité par la SLC.
Le gisement S-60 fut intersecté par 42 sondages jusqu'à la profondeur de 500 m le long de sections espacées de 15 mètres. C'est un gisement massif et compact. Le roc est de très bonne qualité, comme en témoigne la récupération de carottes de forage et les mesures du RQD (Rock Quality Designation). Dans le gisement, la récupération de carottes est généralement de 100 % et le RQD est habituellement supérieur à 70.
Calcul des réserves
Les réserves ont été calculées pour les gisements S-60 et HWM-2. Deux méthodes différentes ont été utilisées : la méthode des sections et la méthode géostatique. La méthode géostatique a été utilisée seulement pour le gisement principal S-60.
Trente-huit (38) mesures de densité sur les carottes de sondages ont indiqué une densité de 3,0 à 3,2 pour le gisement S-60 et une densité de 2,8 pour le HWM-2.
Les réserves du gisement principal S-60 ont été calculées jusqu'à une profondeur forée de 500 mètres et celles du gisement HWM-2 jusqu'à une profondeur forée de 350 mètres. Elles furent vérifiées et certifiées par les géologues du consortium Met-Chem/SNC-Lavalin, chargé des études de faisabilité. Seules les réserves de catégorie prouvée et probable ont été utilisées dans l'étude de faisabilité.