Le projet NIOCAN à Oka a été conçu de façon à utiliser le moins possible de terre agricole et à tirer profit du site abandonné de la mine désaffectée St. Lawrence Columbium (SLC), qui s'étend sur 41 hectares. La conception de l'exploitation par mine souterraine avec remplissage des chantiers avec du remblai en pâte, de même que l'enfouissement des scories résultant de la transformation du pyrochlore en ferroniobium, signifie que le projet NIOCAN aura un impact minimal sur l'agriculture locale.
En ce qui concerne l'enlèvement des résidus, environ 55% sont recyclés sous forme de remblais en pâte et 45% seront déposés dans le site abandonné de la SLC, offrant une capacité pour 17 ans d'opération. Ainsi, seulement 6,2 ha de terre agricole est utilisée pour la mine, le concentrateur, l'usine de transformation et les infrastructures.
Les résidus eux-mêmes sont entre 50 et 70% de calcaire et donc aucune lixiviation ou production d'acide ne résulte de l'enlèvement des résidus. Tous les effluents sont recyclés dans l'usine de traitement et seule de l'eau propre souterraine est versée dans le ruisseau Rousse.
Les scories qui résulteront de la conversion du concentré de ferroniobium (FeNb) pourront recueillir les éléments de thorium et d'uranium et ceux-ci seront renvoyés aux chantiers d'extraction souterrains de la mine.
Pour compenser l'impact sur les puits privés qui se retrouvent dans l'aire d'impact de la mine, NIOCAN a prévu l'addition d'un aqueduc d'eau potable qui s'étendra sur environ 2,2 km à partir du secteur Mont St-Pierre, à Oka.
La restauration et le re-végétation de l'ancien site de la SLC seront faits progressivement. Ainsi, seule une surface minimale devra être récupérée au terme de la durée de vie de la mine, estimée à 17 ans.
La société ROCHE Ltée a réalisé l'étude d'impact environnemental. C'est la première fois au Québec qu'un parc à résidus est aménagé tout en permettant la restauration d'un site minier orphelin.
Dès le début, avant que ne débute l'étude de faisabilité, les administrateurs, conscients des impératifs agricoles, avaient pris la position que le projet devait être en exploitation souterraine bien que le gisement affleure en surface et pourrait être exploité plus économiquement par méthode en fosse. En choisissant la méthode souterraine, on minimise les impacts de toutes natures. Par exemple,
- Les vibrations: Grâce aux nouvelles techniques de dynamitage séquentiel (en série), les vibrations seront réduites considérablement et imperceptibles au-delà de 500 à 600 mètres du site. À l'intérieur de ce périmètre, les vibrations seront peu différentes de celles causées car un camion circulant sur la route Ste-Sophie. Il est important de constater que le dynamitage sera de faible intensité et souterrain, et que ces travaux se feront de jour et en semaine pendant les heures normales de travail.
- La poussière: La conception du projet et la méthode de gestion des résidus empêchent la formation de poussière. Le transport des résidus se fait par pipelines souterrains, donc pas de boue sur la route Ste-Sophie, ni de bruit, et ni de poussière. Pour prévenir cette dernière, les résidus miniers déposés par Niocan sur le site SLC seront conservés humides.
- Le bruit: Tout a été conçu pour que les équipements bruyants soient installés sous terre ou dans des bâtiments fermés et isolés. Des analyses du bruit sur le site Niocan par des spécialistes en acoustique indiquent que les activités de Niocan n'augmenteront pas le bruit qui prévaut actuellement.
- Le transport: Les activités de Niocan n'entraîneront que le passage d'un véhicule de plus par 20 véhicules qui circulent actuellement sur la route Ste-Sophie dû à l'expédition de ferroniobium. La réception de matériaux entraînera le passage de un ou deux camions du lundi au vendredi et ne représente qu'une petite fraction comparée à celle des activités agricoles.
- Réactifs chimiques: L'usine de traitement n'émet aucun résidu toxique. L'extraction de ferroniobium et d'autres métaux requiert l'utilisation de réactifs chimiques et acides communément utilisés par l'industrie agro-alimentaire et pour les produits ménagers.
Dans sa décision positive autorisant l'utilisation de 9,2 hectares dont 6,2 en culture pour les infrastructures du complexe minier, la Commission de protection du territoire agricole a tenu compte de plusieurs facteurs dont, entre autres:
- La haute valeur écologique du projet;
- La vocation minière de la propriété détenue, jusqu'à l'acquisition par NIOCAN, par une compagnie américaine depuis 1953, donc bien avant la venue de la Loi du zonage agricole;
- L'engagement de NIOCAN, depuis 1995, de créer un comité de suivi sur lequel siègeraient des producteurs agricoles, des représentants de l'UPA et de la municipalité;
- Décontamination du site SLC des scories radioactives abandonnées par la St. Lawrence lors de sa fermeture en 1976;
- La restauration du site SLC et son transfert à la municipalité à la fin de l'exploitation;
- La restauration du site des infrastructures minières et métallurgiques et son retour à l'agriculture à la fin de l'exploitation;
- Construction d'un système d'aqueduc le long de la route Ste-Sophie pour alimenter les producteurs en eau potable, d'arrosage des serres et de lavage des légumes, sur une distance de 2,2 km, et plus si nécessaire;
- La conscience écologique très développée et l'engagement du conseil d'administration de NIOCAN.
Dans ses offres d'acquisition du site SLC à la municipalité d'Oka, NIOCAN s'engage:
- À prendre à sa charge le lien de 200 000$ que le ministère des Ressources naturelles détient sur le site pour des travaux de sécurisation qu'il a réalisés.
- D'extraire les quelques 10 000 tonnes de scories radioactives déversées sur la partie arrière du site par St. Lawrence Columbium et de les entreposer dans un chantier d'exploitation du gisement S-60, épargnant ainsi une somme de 1,5M$ à la municipalité et au ministère des Ressources naturelles.
Les données historiques confirment que les ruisseaux et étangs utilisés par les agriculteurs pour l'arrosage de leurs cultures de fruits et légumes n'ont pas été affectés par l'exploitation SLC; il en sera de même de l'exploitation NIOCAN. Les ouvertures souterraines de l'exploitation NIOCAN étant dix fois moins volumineuses que celles de l'exploitation SLC, la zone d'affectation des puits dans le roc sera beaucoup moins étendue.
Comme mesure de mitigation, NIOCAN prolongera à ses dépens l'aqueduc d'eau potable de la municipalité le long du rang Ste-Sophie pour garantir l'alimentation en eau aux agriculteurs, dès le début de l'implantation de ses infrastructures.
Les eaux d'exhaure de la mine seront décantées dans deux bassins avant d'être versées dans le ruisseau Rousse. Cette eau de même qualité que celle puisée par les agriculteurs pourrait alimenter les besoins agro-industriels du secteur.
Le 4 avril 2002, le ministre de l'Environnement mandatait le Bureau d'audiences publiques sur l'Environnement (BAPE) de tenir une enquête sur les effets potentiels sur l'environnement et la santé publique de la radioactivité résultant de l'exploitation éventuelle de la mine et de l'usine de niobium. Le 28 octobre 2002, le BAPE, après une enquête exhaustive, concluait:
"Compte tenu que les quantités de radioéléments libérés par le projet seraient faibles relativement au niveau de la radioactivité naturelle locale, la Commission conclut que les impacts environnementaux associés à la réalisation du projet devraient être négligeables et qu'aucun effet sur la santé publique ne devrait être observé."
Le 16 juin 2003, le Tribunal Administratif du Québec, suite à un appel de la décision de la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ), a donné raison à celui-ci et autorisé le projet d'Oka.
Le 26 novembre 2004, le ministre de l'Environnement donnait au BAPE le mandat de tenir une enquête sur les effets potentiels du projet sur les eaux de surface et les eaux sousterraines anisi que leurs utilisation.
En mars 2005, le BAPE rendait public un deuxième rapport (numéro 208) qui concluait que le pompage des eaux sousterraines requis pour l'exploitation de la mine entraînerait un rabat-tement de la nappe profonde dont la forme et l'étendue exactes demeurent imprévisibles. Il concluait également que le débit du ruisseau Rousse, en amont de la mine projetée, pouvait voir son débit diminué, ce qui pourrait avoir un impact sur l'approvisionnement en eau à des fins agricoles.
Suite à ces inquiétudes sur l'eau, Niocan a retenu les services de Golder Associés pour évaluer les effets potentiels sur les eaux sousterraines et de surface du projet d'exploitation de notre mine de niobium à Oka. Ce rapport de Golder Associés en deux volumes a été déposé et présenté en septembre 2006 au MDDEP.